Développé par le studio Farelas, The Crimson Hunt est typiquement le genre d’aventure indépendante sur Steam qui ne cherche pas à réinventer la poudre. Loin des gros mastodontes du genre, le titre assume pleinement son statut de petit jeu tout en connaissant pleinement ses maîtres Resident Evil et Clock Tower (et un peu de Devil May Cry), livrant une proposition modeste, mais des plus sincères.
The Crimson Hunt veut jouer dans la cour des grandes frayeurs ?
Les joueurs se glissent dans la peau de Victoria, une chasseuse de vampires hantée par son passé, en mission pour secourir Eleanor dans un manoir victorien poisseux. Une fois réunies, les deux femmes doivent s’entraider pour survivre face aux créatures de la nuit. Bien évidemment, tout ceci n’a rien de très original mais la grande force de The Crimson Hunt réside dans sa maîtrise des codes du survival horror à l’ancienne.
On y retrouve la sempiternelle exploration à la troisième personne dans un manoir gothique poisseux, la gestion d’inventaire tendue et les munitions comptées. Les énigmes environnementales sont de la partie et font plutôt mouche, mais c’est surtout son mode coopération locale en écran partagé que le jeu construit son identité, offrant une aventure de 4 à 5 heures redoutablement efficace sur le canapé. Après tout, les survival-horror coopératives ne sont pas légions et cela nous renvoie tel une madeleine de Proust sur les heures passés devant Resident Evil 5 ou Obscure 2.

The Crimson Hunt connaît bien ses leçons sur le genre horrifique et nous rappelle immédiatement son âge d’or, avant que celui-ci ne devienne un prétexte au marchandising (coucou Poppy Playtime !). On sent immédiatement que le projet a été façonné avec amour par des passionnés qui connaissent leurs classiques sur le bout des doigts (et tous les assets de développement qui vont avec…) sans avoir pour volonté de révolutionner le jeu vidéo horrifique qui semblent avoir déjà tout raconté. Sur ce point, The Crimson Hunt n’est clairement pas un joueur en recherche d’innovation.
On pardonne vite ses légères rigidités techniques, l’IA parfois erratique d’Eleanor en solo qui vous rappellera un autre personnage bien connu du gaming. Le moteur Unity semble faire son maximum tant l’optimisation du jeu n’est pas vraiment son fort.
En revanche, l’expérience reste assez satisfaisante et, si nous avons décidé de parler de ce jeu sur Steam, c’est aussi parce que beaucoup pourraient l’ignorer à cause de sa couverture. En effet, la vignette sur la page Steam sent immensément Chat GPT, qui lui donne une devanture peu représentative du travail artisanal fourni à l’intérieur. Et malheureusement, le public pourrait fort le snober à cause des polémiques actuelles de l’intelligence artificielle.



