L’équipe derrière le jeu Drunken Goddess Reflux ont très peur de l’IA et le font savoir. Craignant de voir son concept pillé et commercialisé avant même sa sortie officielle, le studio Alliance Arts vient d’annuler brutalement la démo publique de son titre star. Plongée dans une paranoïa légitime qui gagne l’industrie indie.
Coup de frein brutal pour Drunken Goddess Reflux !
Les amateurs de jeux indépendants sur Steam ne pourront plus découvrir Drunken Goddess Reflux par l’intermédiaire de sa démo initialement prévue pour le 19 octobre. En effet, l’éditeur et co-développeur Alliance Arts (déjà derrière le succès phénoménal Needy Streamer Overload) a préféré rétropédalé et annulé la démonstration de son titre figurant déjà parmi les 100 jeux les plus attendus de la plateforme de Valve. Désormais, tout cela sera remplacée au pied levé par des sessions de tests à huis clos extrêmement encadrées.
Pour y participer, les joueurs devront signer un accord strict restreignant toute capture d’image ou diffusion vidéo. Un cas extrême de paranoïa ? Plus précisément, une crainte grandissante face au vol de contenu accéléré par l’intelligence artificielle.
Dans un communiqué officiel publié sur Steam, l’équipe de Drunken Goddess Reflux exprime sans détour ses inquiétudes :
Nous craignons que, sur la base du contenu de la démo, des œuvres imitant ou répliquant la présentation et le gameplay de ce jeu ne soient rapidement produites à l’aide d’outils d’IA ou d’autres technologies, puis publiées avant le lancement de notre propre jeu.
Drunken Goddess Reflux propose le concept de s’accoudé au comptoir d’un bar en Enfer, et d’affronter une démone anime dans un duel d’alcoolémie mortel à coups de shots. En soit, le gameplay du jeu Steam n’est pas inédit puisqu’il s’inspire du gameplay viscéral de Buckshot Roulette et ce genre de titres similaires se trouvent en grands nombres dans tous les catalogues.
Cela nous évoque le succès de Balatro recopié par de nombreux développeurs indépendants mais aussi par l’intelligence artificielle. Néanmoins, la crainte est compréhensif puisque l’on ne compte plus les développements opportunistes capables de générer des assets et d’écrire du code à toute vitesse grâce aux récents progrès des modèles d’IA générative et de la rétro-ingénierie.

Une inquiétude de plus en plus profonde ?
Après tout, Drunken Goddess Reflux ne serait pas le premier à se faire voler son concept qui séduit déjà les joueurs. L’IA est utilisé pour sortir de pâle copie sans véritable intention de proposer un vrai produit derrière (ce qui sera toujours une différence entre une bonne et mauvaise utilisation de l’IA).
Résultat ? Des jeux comme Meccha Chameleon et Family Time ont vu des clones quasi identiques débarquer sur Steam quelques jours seulement après être devenu des best-seller. Plus grave encore, Lucas Pope, créateur culte de Papers, Please a lui-même avoué garder le silence absolu sur ses projets en cours pour éviter de voir ses idées aspirées par l’IA ou copiées par des opportunistes.
Encore une fois, la mauvaise utilisation de l’IA pour plagier prend le risque de sanctionner les joueurs honnêtes voulant juste découvrir de nouveaux hits et soutenir le travail de nombreux indépendants.
Si la protection du travail des développeurs comme ceux de Drunken Goddess Reflux est essentielle, cette vague de prudence envers l’IA pourrait déclencher la fin de l’écosystème de partage et d’enthousiasme qui faisait la force du jeu vidéo indépendant… Affaire à suivre.



