Après de nombreuses tensions autour de la propagation de l’intelligence artificielle, les équipes de Dungeons & Dragons mais aussi de Magic The Gathering ont décidé de rejoindre le syndicat du studio Wizards of the Coast pour exiger des garanties de ne plus mettre leurs talents en arrière-plan.
Décidément, le climat est plus qu’électrique chez Wizards of the Coast. Ce 6 octobre 2026, le syndicat UWOTC-CWA a annoncé que les équipes de Dungeons & Dragons et du Studio Team X (le nom des travailleurs sur Magic The Gathering et Duel Masters) rejoignaient le mouvement. Cette mobilisation fait suite à la victoire syndicale obtenue en avril dernier par les développeurs de Magic The Gathering Arena. Hasbro, la maison-mère, a jusqu’au 13 octobre pour reconnaître volontairement cette nouvelle unité, sous peine de devoir organiser un nouveau vote.
Magic the Gathering ne veut plus être lié à l’IA générative !
Cette vague de syndicalisation n’a rien d’anodin. Et pour cause, elle s’enracine dans une défiance durable envers la direction du studio, accusée à plusieurs reprises de flirter trop régulièrement avec l’IA générative. Rappelons qu’en décembre 2023, Wizard of the Coast avait officiellement interdit l’usage de l’IA sur les cartes jouables de Magic the Gathering. Autant dire que la promesse n’avait pas vraiment été tenue.
En effet, une image promotionnelle publiée sur X en janvier 2024 avait été massivement identifiée par la communauté comme générée avec une IA, avec ses caractéristiques facilement reconnaissables. Après avoir d’abord nié, le studio avait fini par admettre les faits et déclarer que « des composants d’IA s’étaient glissés dans notre marketing ».
Well, we made a mistake earlier when we said that a marketing image we posted was not created using AI. Read on for more. (1/5)
— Magic: The Gathering (@wizards_magic) January 7, 2024
Très vite, les fans de Magic The Gathering ont par la suite émis d’autres accusations concernant les visuels de Secret Lair, mais également autour de la saison dédiée à Avatar, le dernier maître de l’air. Tout ceci a entretenu un sentiment de trahison chez les artistes comme chez les joueurs.

Une lutte acharnée pour défendre leurs droits !
Dans leur pétition, les syndiqués exigent désormais une politique robuste et applicable autour de l’intelligence artificielle, alignée avec leurs valeurs. Mais la colère ne s’arrête pas là, puisque les employés réclament également la propriété de leurs créations personnelles réalisées en dehors du travail. Actuellement, le contrat permet à Hasbro de revendiquer tout ce qu’un employé crée sur son temps libre, ce qui s’associe à une clause jugée abusive par le collectif.
À quelques jours de la date butoir fixée à Hasbro, ce mouvement ne concerne plus seulement Wizards of the Coast puisqu’il intervient au moment où l’IA se mêle dans tous les domaines créatifs. Le même jour, Sega affirme refuser de « confier l’aspect créatif des jeux à l’IA. A l’inverse, Unity lance prochainement une plateforme de création de jeux basée sur l’IA, proposant d’en concevoir avec un simple prompt.
La ligne de front entre studios et créateurs n’a jamais été aussi nette. D’un côté la promesse d’efficacité, de l’autre la défense du métier et de la propriété intellectuelle. Les prochaines semaines diront si Hasbro entendra le message ou si elle poussera ses propres talents vers la porte de sortie. Puisse-t-elle faire le bon choix…



