Vapor World est un souls-like inspiré des chef d’oeuvres de From Software qui s’est taillé une mauvaise réputation sur Steam. L’équipe de développement avait reconnu avoir utilisé l’intelligence artificielle. Le directeur du jeu s’est excusé et a promis le retrait de toutes les cinématiques générées. Deux mois plus tard, les joueurs semblent prêts à essayer le jeu.
A l’heure où l’intelligence artificielle est de plus en plus présente et dans lesquels de nombreux studios doivent désormais faire un choix crucial, certains jeux l’utilisent et en subissent les conséquences. Ce fut le cas de Vapor World en août 2026. Disponible en accès anticipé sur Steam, le studio déclare utiliser l’intelligence artificielle générative pour des voix et des cinématiques. Une précision obligatoire selon les conditions d’utilisation de Steam lorsqu’on publie un jeu vidéo sur la plate-forme.
Seulement voilà, Vapor World l’a utilisé pour des voix et des cinématiques, et aucune justification n’accompagnait cette déclaration au moment du lancement. Aujourd’hui, l’honnêteté dans son utilisation des outils du futur est très importante et les joueurs intéressés par le projet se sont sentis trahis devant ce manque de transparence. Les relevés effectués dans les jours qui suivent donnent entre 25% et 36% d’avis positifs. L’accueil est tout aussi glacial sur Xbox.

Vapor World, pardonné par les joueurs ?
Le directeur du projet Young Kim publie un communiqué le 22 août dans lequel il présente ses excuses. Il y reconnaît un « jugement hâtif » de sa part et écrit noir sur blanc :
« Utiliser l’IA était entièrement ma faute, et j’en suis désolé. »
Dans la foulée, un correctif retire du jeu l’intégralité des séquences concernées, ainsi que la vidéo générée que le studio avait placée sur sa page boutique.
Le lendemain, Young Kim revient s’expliquer plus longuement. Son équipe, autrefois bien plus nombreuse, ne compte plus que cinq personnes. Avec le temps et l’argent dont elle disposait, elle a choisi de tout miser sur les combats et le level design. Restaient les cinématiques, dont les versions maison ne parvenaient pas à porter les émotions, faute de pouvoir dessiner les visages avec assez de finesse. « Des poupées rigides qui bougent », résume-t-il lui-même. « Nous avons fini par choisir l’IA pour les cinématiques, et au bout du compte, c’était le mauvais choix. »
L’IA aurait pu détruire une décennie de développement.
Toutefois, le 25 octobre 2026, Young Kim reprend à nouveau la parole, insistant qu’il est l’unique responsable des polémiques qui nuisent aux travaux de tous les artistes sur Vapor World.
« Nous faisons ce jeu depuis près de dix ans. Les dessins ont tous été faits à la main par nos artistes, et ils sont toujours dans le jeu exactement comme ils étaient. Beaucoup d’entre vous croient que nous avons fait toutes nos cinématiques à l’IA. C’est en grande partie à cause de la façon dont notre propre message a été lu. Juste avant la sortie, j’ai remplacé deux cinématiques par de la vidéo IA, et les quatre-vingt-dix-neuf pour cent restants sont dans le jeu exactement comme nous les avons faits. »
Deux mois plus tard, la moyenne de Vapor World a largement augmenté, affichant 51 % d’avis positifs sur Steam. Les joueurs semblent avoir accepté les excuses d’un studio qui a fait marche arrière pour regagner leur confiance.
Reste une question que cette affaire pose à toute l’industrie. Si Steam n’imposait pas cette déclaration sur les pages boutique, combien de studios la feraient spontanément ? Nous n’aurions rien su de Vapor World, et deux cinématiques générées seraient totalement passées inaperçues au milieu de dix ans de développement.
Vapor World a failli perdre une décennie de travail pour une mauvaise décision d’une seule personne. Young Kim l’écrit lui-même, sans jamais se chercher d’excuse :
« Nous avons construit ce jeu de nos propres mains depuis le début. Je ne voulais pas que cela arrive, mais à la fin, j’ai gravement abîmé cela. »



