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Oui, Capcom utilise l’IA… mais ils le font vraiment bien !

Salander

Par Salander · Journaliste

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Capcom

Difficile de passer à côté de l’intelligence artificielle qui est partout dans notre quotidien. Et voici que Capcom explique l’utiliser dans ses productions, ce qui entraîne une certaine colère chez ses fans. Bien que l’IA reste un sacré tabou dans le domaine de la culture et du jeu vidéo, nous allons prendre la défense de l’éditeur talentueux, car il pourrait bien s’agir d’un petit malentendu ! 

Lors de la Capcom Open Conference RE 2026 qui s’est tenue le 2 octobre, le programmeur Satoshi Ishida a présenté REX. Ce drôle de nom est celui d’un plan en plusieurs phases destiné à faire évoluer le moteur RE Engine utilisé sur Resident Evil et Pragmata. Et pour ce faire, l’éditeur le plus rentable de l’année compte se servir de l’intelligence artificielle en tant qu’assistante.

Capcom fait bonne usage de l’intelligence artificielle !

Comment un studio de renommée peut-il céder aux sirènes de l’outil qui inquiète tout le monde ? Prenons garde à ne pas tout confondre ! Capcom ne veut pas utiliser l’intelligence artificielle pour créer des jeux avec la stupide promesse d’un prompt mais pour se faciliter des heures de développements dans le débogage, le traitement de données et l’optimisation d’un produit. Arrêtons donc avec ce petit malentendu que l’on entend régulièrement ! Non, Capcom ne crée aucun contenu généré par IA !

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle ne sera pas mise en place pour développer des jeux avec des prompts mais bien de générer du code pour automatiser les tests et détecter plus efficacement les bugs présents dans un jeu. L’IA n’agit donc pas pour remplacer des employés mais bien pour les raisons de sa conception, comme un outil destiné à aider les nouveaux arrivants et les équipes internationales à être plus efficace sur les prochaines productions. 

Avec REX, Capcom se veut très rassurant sur l’IA !

Nul besoin d’être fâché envers Capcom. Une formule employée d’Ishida est complètement sortie de son contexte, entraînant la colère des joueurs :

Notre objectif est de créer un avenir où nous développerons des jeux en collaboration avec l’IA

Le terme employé dans de nombreux médias en anglais, « AI-generation game engine », a mis le feu parce qu’il peut se lire de deux façons opposées dans les propos d’Ishida. Plus exactement, un moteur qui génère du contenu par l’IA, mais aussi un moteur prêt pour la génération IA, au sens de notre époque actuel. Plusieurs personnes ont retenu la première. Pas nous !

Capcom a tranché sans ambiguïté. L’entreprise n’intégrera pas de matériaux générés par son IA dans le contenu de ses jeux, mais utilisera activement la technologie pour gagner en efficacité et en productivité pendant le développement. Pour le moment, Capcom maintient sa promesse de ne jamais remplacer ses talents par des logiciels avec REX.

Néanmoins, il subsiste une petite nuance puisque Capcom ne renonce pas à l’IA génératrice, qui lui sert déjà à produire des pistes de concept art et des idées d’environnement en amont. En revanche, il est exclu que la machine en fournisse dans le produit fini.

Ainsi, le message apporté par Capcom dans le domaine vidéoludique et sa dualité face à l’IA est optimiste. Depuis deux ans, le discours dominant sur l’intelligence artificielle dans le jeu vidéo promet toujours de supprimer la production et que des prompts pourront crées des mondes et boss, voir des jeux entiers tirés d’une phrase. En attendant, les joueurs ont surtout constaté des licenciements massifs et des investisseurs de plus en plus ingrats. Capcom décide de faire exactement l’inverse, et c’est pour cela que nous les remercions.

Du côté des autres éditeurs, ce n’est guère mieux…

Malheureusement, nous ne pouvons pas en dire autant de la concurrence. Puisque l’actualité s’y prête, mentionnons que Sony dépose des brevets pour entraîner ses boss sur les données de ses joueurs tandis que des plateformes vendent la génération de jeux complets à partir d’un prompt. De son côté, Capcom, annonce un meilleur débogueur pour ses développeurs.

Notons au passage que Capcom n’est pas l’éditeur le plus en difficulté du marché. Bien au contraire, il semble celui qui se porte le mieux en terme de qualités. REX n’est donc pas une manœuvre de survie ni une promesse faite à des investisseurs inquiets. Il s’agit très précisément d’un solide outillage fait par une maison qui se porte bien. Vous ne verrez jamais Claire Redfield affronter des bouillies faites en IA dans Resident Evil Veronica. Ouf…

Pour une fois qu’un éditeur parle du tabou vidéoludique sans promettre de se passer de ses développeurs, la moindre des choses est de le relever. Et ça fait du bien !

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